• Comité UFB

Mon confinement par Christiane

Mis à jour : mars 29

Je travaille dans un EPHAD. Comme pour beaucoup de professionnels de santé, l'année 2020 restera marquée dans nos mémoires. Tout a démarré lors de l'annonce d'un premier cas de patient atteint du Covid-19 hospitalisé à Bordeaux en provenance de Wuhan à la fin du mois de janvier.

Même si l'épidémie était encore bien loin de nous en France, la peur était palpable. Je me permets de vous partager cette anecdote. Alors que j'assistais à un culte dans l’un des nombreux temples de Bordeaux, nous étions en train de nous saluer chaleureusement, à la fin du service, lorsqu’un frère a signalé à une sœur qui s'apprêtait à lui faire la bise : « Surtout pas, je suis enrhumé ; mon voisin, qui vient de Wuhan, n'arrête pas de tousser. » La sœur et moi-même avons fait un brusque mouvement de recul... Il n’avait pas besoin de s’y prendre à deux fois…

Le moment tant redouté est arrivé en France le 14 mars avec le passage au stade 3 de l’épidémie. Pour se protéger de ce virus si contagieux, il fallait de la distanciation sociale, en plus des gestes barrières. Les mesures de distanciation ont été très tôt prises en compte pour préserver les personnes âgées, particulièrement vulnérables dans l’unité où je travaille : interdiction des visites de l'extérieur, suppression de toute activité avec intervenant autre que le personnel soignant, repas en chambre. Les résidents se sont retrouvés isolés et coupés du monde. Ces mesures se sont avérées efficaces, car par la grâce de Dieu à part un cas suspecté, aucun cas n'a été confirmé !


Néanmoins, malgré les efforts déployés par le personnel soignant, particulièrement l'animatrice, pour rompre l'isolement des personnes âgées, j'ai été très touchée par les répercussions psychologiques et physiques sur nos résidents. Toutefois, notre Seigneur est bon, Il a répondu à mes prières avec une reprise progressive à la normale afin que les personnes les plus impactées reprennent goût à la vie.


Ce temps de confinement m'a permis de me tenir aux pieds du berger. Par ailleurs, lors du déconfinement, je me suis retrouvée en arrêt maladie. J’avais accumulé trop de fatigue...



Ce fut une période difficile, où le Seigneur m'a parlé, notamment à la lecture d’un ouvrage de Jérémy Sourdril, L'amour injuste. J'ai été interpellée par ce questionnement : comment aimer Dieu comme Il le mérite ? J'ai pu pendant cette période prendre conscience de l'amour extraordinaire que Dieu a manifesté pour moi. Il m’aime.

Au final, sans omettre les moments difficiles, je bénis le Seigneur pour sa présence en ce temps de crise. Un moment planétaire de prise de conscience du côté éphémère de l’existence pour aller à l'essentiel : la solidarité, l'entraide, la manifestation de l'amour les uns à l'égard des autres. 

Christiane Reivax


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